Philip Roth

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Christophe Tarkos

Christophe Tarkos, French poet.

www.realpoetik.fr

SOIGNER LA TUMEUR – EMILE PUYG

Christophe Tarkos, comme souvent les morts jeunes,

vieillit peu.

Christophe Tarkos est mort jeune à cause d’une tumeur

au milieu de la tête,

comme des tas de gens très bien.

On pensait qu’il était fou, mais c’était

la tumeur.

Il pensait, Christophe Tarkos, que les poètes sont intelligents.

Là-dessus il n’a pas tort. Les poètes sont intelligents.

Tous les hommes et les femmes

et les petits chiens blancs qui publient de la poésie populaire internationaliste

dans cette revue REALPOETIK !

sont intelligents.

Christophe Tarkos est l’inventeur de la Patmo.

Qui est une invention pour parler de la langue.

Dire Patmo était une nouvelle façon de dire : la langue.

Au lieu de dire : les poètes travaillent sur la langue, avec la langue,

contre la langue, pour la langue, Christophe Tarkos disait

il y a les poètes

et il y a la Patmo,

et les poètes font ce qu’ils peuvent avec la Patmo

(qui les embête bien),

ils essayent de la faire bouger, juste

de la faire remuer

un tout petit peu,

et déjà la faire remuer un petit peu, c’est

pas mal. Ça crée de petites variations. Restons humbles ;

restons modestes. Surtout n’allons pas nous imaginer

que nous vivons sur terre, n’allons pas nous imaginer

que nous vivons des vies, n’allons pas nous imaginer

que nous sommes dans le monde, non, cantonnons-nous

à notre travail artisanal de poètes : faisons remuer la Patmo, espérons

une microvariation ou deux, contentons-nous

de travailler la langue comme on

pétrit le pain.

Ici le ton est devenu grinçant. Moi, Emile Puyg, je m’en excuse.

Ma mère, Marie-Espérance Puyg, m’a appris le respect dû aux morts

jeunes d’une tumeur

au milieu de la tête. Je m’excuse pour le grincement du ton : mais je hais

la modestie

littéraire. La littérature est tout de même

un de ces endroits ouatés

où on ne risque rien. Alors pourquoi la modestie ? Je vous le demande ?

Je me le demande, moi. Je le demanderai bien aussi à Christophe Tarkos,

mais il n’est plus là.

Derrière lui, après sa mort jeune,

Christophe Tarkos a laissé la Patmo, il a laissé le travail

qu’il a fait avec la Patmo, il a laissé ses textes en Patmo,

et surtout, il a laissé

des cassettes audiophoniques avec sa voix enregistrée

qui parle de la poésie, de ce qu’il pensait de la poésie,

de ce que c’était pour lui que

la poésie.

Je vais devoir résumer. J’espère que je résumerai bien, mais ne suis pas sûr

d’être un homme aussi intelligent

que l’était Christophe Tarkos, et même je suis sûr, à quasi tous les pourcents,

de l’être moins. C’est comme ça. On ne peut pas gagner sur tout.

On ne peut pas avoir toutes les qualités. J’en ai d’autres.

J’ai beaucoup de force musculaire, par exemple.

Quand je bêche, la terre s’ouvre

comme du beurre.

Mais je suis moins intelligent que Christophe Tarkos.

Heureusement, j’ai un avantage tactique.

Les idées que je vais résumer, il les a formulées en causant, sans savoir

qu’il allait mourir.

Tandis que moi : je ne cause pas, j’écris posément, je ne réponds à personne,

personne ne m’a interrogé, personne même ne m’a demandé de parler

de Christophe Tarkos, je fais ça tout seul, et je sais

que je vais mourir.

A cause de mon métier.

Tous les jardiniers, même municipaux,

savent qu’ils vont mourir.

Je résume.

Christophe Tarkos disait sur la poésie :

que le texte n’a aucune utilité.

Les poèmes, en tout cas ceux de Christophe Tarkos,

(il prenait soin, humblement, de le préciser)

ne servent à rien.

Ils n’arrivent pas à communiquer, ils brassent de l’air, ils mélangent les mots.

Le poète est donc un ventilateur.

Le poète est intelligent, mais c’est un ventilateur.

Tout n’est pas insignifiant pour autant. La poésie n’est pas vide.

Christophe Tarkos n’avait pas une si mauvaise idée de la poésie,

ni de lui-même

en tant que ventilateur.

Les poèmes ne servent à rien, mais ils sont quelque chose.

Le verbe est corporel, et

le poète dit la vérité. Le poète ne cherche pas la vérité,

comme les philosophes,

mais il la dit dans le poème.

La vérité est dans le texte : c’est la vérité palpable de l’existence du texte.

Un texte est simplement la lecture d’un texte.

Je résume encore :

il ne faut pas oublier un autre truc.

C’est vrai qu’il y a la matérialité du texte, qui est une vérité

(une vérité seulement, une

variété de vérité),

mais il ne faut pas oublier un autre truc : c’est le sens.

Le texte n’est pas clos sur lui-même, sur la vérité de sa matière.

On aurait pu croire que, on aurait pu s’imaginer que, mais non.

Pas pour Christophe Tarkos.

Il y a aussi le sens.

Les mots sont liés à la sensibilité. La masse des mots

forme un objet qui a un sens

matériel, qui produit un effet sur la sensibilité qu’on a du sens.

Le physique du texte (son apparence physique) est son sens.

Nos organes de sens reçoivent ce sens.

Christophe Tarkos n’en dit pas plus, mais explique ailleurs ce que lui

Christophe Tarkos, je crois, pensait, – je crois, mais il m’arrive à moi, Emile Puyg,

de me tromper, par exemple au jardin, il m’arrive, bien que j’aie en général

la main verte,

de planter les haricots trop près des patates, et après

c’est le carnage, les haricots bouffent les patates,

les haricots sont des goinfres, ils monopolisent la terre, et je peux être sûr

que mon rang de patates adjacent à mon rang de haricot

ne livrera que des patates rachitiques naines et borgnes,

donc il m’arrive de me tromper – mais voilà ce que je pense

que Christophe Tarkos pensait

à propos du sens :

le sens du poème est : le soin.

Je résume.

La pensée est une maladie.

La maladie de la pensée, elle a des soins et elle est incurable.

La maladie que l’on soigne par le langage est sans fin.

Les poèmes soignent une maladie infinie qui est la maladie de la tête,

qui est la maladie de la production infinie de mental,

de chose mentale, par l’être qui pense.

La poésie soigne comme la drogue soigne.

La drogue est bonne.

Christophe Tarkos cite ici Michaux, Henri : la poésie remplace la drogue.

Il y a un mot que Christophe Tarkos n’utilise pas et qui est le mot : folie.

Mais il dit tout de même : la différence entre le poète et le fou,

c’est que le poète

arrête le poème.

Moi, Emile Puyg, je pense qu’on doit dire le mot folie.

Je travaille avec des fous et je sais un peu ce que c’est que la folie.

Mon jardin est un jardin solidaire.

Comme un jardin ouvrier, mais solidaire.

Je fais de la réinsertion.

Donc je connais des gens fous qui ne sont pas des poètes,

qui n’ont pas cette drogue de la poésie pour tenir,

qui n’ont pas assez de drogue pour tenir

contre la folie de pensée, contre

la folie de la production perpétuelle infinie

de matière mentale.

Et par ailleurs et comme tout le monde j’ai mon expérience personnelle

de la folie. Je veux dire que je vis dans ma tête, et je comprends

ce que Tarkos dit

quand il dit

que la maladie est sans fin, et qu’on

ne guérit pas.

Pour finir : je n’aime pas les œuvres de Tarkos. Mis à part L’Argent, peut-être,

mais je ne le lirai pas en entier. Je reconnais l’intelligence dans L’Argent, mais

je ne le lirai pas en entier.

Aussi : je n’aime pas ce qui a été beaucoup fait à partir de Tarkos et en son nom :

la grande vogue de l’illisibilité poétique, la fascination pour l’ésotérisme verbal,

l’attention portée trop grande à la matérialité et à la forme des textes,

la volonté de performance,

le rapprochement de la poésie contemporaine

avec l’art contemporain, les installations vidéos poétiques, les lettres géantes,

la masturbation typographique, les textes projetés sur des immeubles, l’autoréférence,

l’oubli des hommes.

Mais il y a quelque chose à prendre dans la formule :

le sens du poème est le soin.

Ce n’est pas une formule de Tarkos, c’est une formule de moi, Emile Puyg,

à partir de certains des mots de Tarkos, pourtant je crois qu’elle

montre une certaine voie de sa pensée,

une voie qu’il a ouverte

et qu’il aurait peut-être prise

s’il n’y avait pas eu la mort jeune et la

tumeur dans la tête.

http://www.poetryinternationalweb.net/pi/site/poet/item/24700/18/Christophe-Tarkos

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Pascale Ogier

Pascale Ogier

Revu ‘Les nuits de la pleine lune’ de Rohmer sur Arte.

Pas pris une ride même la deco pourrait être contemporaine- le seul marqueur temporel est que le RER A semble bien marcher.

Cependant

même s’il émane de Pascale Ogier

une grâce certaine, sa voix haut-perchée et plaintive a fini par me taper sur le système.

Elle a un très joli corps gracile avec lequel elle est très à l’aise. Et c’est une excellente actrice .

Tchéky Kario reste un mystère pour moi. Joue-t il faux ? Ses émotions ne sont pas ou mal retraduites verbalement.

Luchini en mode harceleur egomaniaque est magnifique.

Le film ne dit pas grand chose de l’époque, c’est un brillant marivaudage, hors sol ( où est Paris ? ) hors temps, et qui fait mine de ne reconnaître comme seule influence que celle du cosmos et de ses planètes.

Michel de M’uzan

Michel de M’uzan

(…) pistes de réflexion familières, creusées et recreusées tout au long de sa vie : que faire de la rupture introduite par la deuxième topique de Freud par rapport à la première ? comment comprendre la “pulsion de mort” ? et faut-il nécessairement la maintenir dans le registre des pulsions ? ne doit-on pas plutôt faire droit à un registre pré-pulsionnel, parce qu’antérieur à l’avènement du sexuel dans l’ontogénèse ? Michel de M’Uzan s’est exercé à l’écriture avant de devenir psychanalyste : il en a conservé un goût pour les questions esthétiques et une approche originale (personnelle) de la démarche artistique dans son rapport à la psychanalyse. Le plus étonnant chez lui est certainement les intuitions qu’il articule autour de la “télépathie” entre analysant et psychanalyste, soit des phénomènes d’indifférenciation, de confusion, d’identification extrême qui adviennent entre deux sujets réunis par la même “chimère” : une entité psychique formée par la confusion des imaginations projetées l’une dans l’autre par le transfert et le contre-transfert. Quoique la chose puisse renvoyer au fond à quelque irrationalisme, Michel de M’Uzan garde surtout envers elle une approche phénoménologique et clinique.

Joseph M

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Vladimir Ilyich Ulyanov, better known by the alias Lenin

Russian communist revolutionary

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Deutscher Herbst

On September 5th 1977 left-wing insurgent group, the red army fraction kidnapped industrialist Hanns Martin Schleyer. The abduction kicked off “the German Autumn” – six weeks of hostage-taking, murder and intrigue.
It ended on 18 October, with the death of the leading figures of the first generation of the RAF in their prison cells, and the death of Schleyer.

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Voyager’s 40th anniversary

Humanity's farthest and longest-live spacecraft, Voyager 1 and 2, are celebrating 40 years of operation and exploration this month

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“Le dernier tango à Paris”, the rape scene : Maria Schneider and Marlon Brando

“Marlon said to me: ‘Maria, don’t worry, it’s just a movie,’ but during the scene, even though what Marlon was doing wasn’t real, I was crying real tears,” she said. “I felt humiliated and to be honest, I felt a little raped, both by Marlon and by Bertolucci. "
Maria Schneider

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