Gia Carangi / 24

gia 24

Gia Carangi

Gia Carangi : le photographe et son modèle

Gia Carangi , mourait du Sida le 18 novembre 1986.
Gia était une mannequin très en vue à la fin des années 70 et du début des années 80.
On peut la considérer comme la première top modèle de l’ère du triomphe de la mode.
Le moment où l’artisanat de luxe devient une industrie multinationale.
Elle présage à la fois le règne des tops modèles, la célébrité instantanée, et son corollaire l’oubli tout aussi rapide, mais également, le Sida, la cocaïne, l’homosexualité, l’argent.
Au delà de sa faculté à incarner l’époque, les années 80, comme ont pu le faire dans d’autres domaines Jean Michel Basquiat ou Bret Easton Ellis, c’est le rapport entre photographe et modèle qui semble prendre un nouveau tour avec Gia.
Gia est née dans une famille de la classe moyenne américaine, dont les parents se séparent quand elle a 11 ans. A 17 ans elle commence à poser pour des photographes et devient très vite un modèle très demandé.
Pour expliquer ce succès fulgurant on a évoqué son physique de brune intense, qui contrastait avec la blonde évanescente des années hippies. (La blonde fera son retour mais peroxydée.)
Mais si les plus grands photographes comme Arthur Elgory, Richard Avedon, Chris von Wangenheim Francesco Scavullo, Helmut Newton ont travaillé avec Gia, c’est qu’elle leur proposait quelque chose de différent.
Il est souvent mentionné que Gia avait une faculté à inventer des poses, des gestes, à proposer des mises en scène, à créer des atmosphères à générer des champs d’énergie.
« A model has to create moods » déclare-t-elle.
Encore fallait-il que le photographe, acceptât les propositions créatives du modèle.
On passe avec Gia d’un univers où la photographie de mode est encore imprégnée de surréalisme (de Man Ray, à Guy Bourdin) à un monde où la femme n’est plus la muse ‘magique-circonstantielle’ des poètes mais une présence incarnée et pleine.
La femme, apparition, fantôme, énigme, s’évanouit et laisse la place à Vénus triomphante. On passe d’un corps morcelé au corps entier du modèle ; de Nadja à Gia. de ‘l’Amour fou’, au Sida, d’un ‘érotisme voilé’, à la chaire exposée.
Pour illustrer ce propos on pourrait comparer la photo de Gia nue derrière un grillage prise par Wangenheim à la photo de Guy Bourdin pour les chaussures Charles Jourdan datant de janvier 1980, représentant un buste de femme dans un miroir accroché à un mur recouvert d’un motif à losanges noir qui évoque un grillage.
Bourdin photographie une Nadja sans tête et aux pieds nus – on voit les chaussures dans un coin. La géométrie noire et épaisse est redoublée par le miroir. L’enfermement est complet et le buste devient à son tour élément du décor.
Dans la photo de Gia-Wangenheim, la clôture protège le spectateur au lieu d’isoler le modèle. Gia fixe le photographe d’un regard noir et déterminé. Déterminer à franchir la barrière, pense-t-on.
La présence féminine n’est pas ici de l’ordre de l’imaginaire, mais presque documentaire.
Le succès du cliché est dû au talent du photographe bien-sur , mais est indissociablement lié à la personnalité de Gia Carangi.
Gia n’est pas une muse comme Gala ou Nush, c’est une co-auteur de la photographie.
Les top modèles accédent à la célébrité alors que s’atténue la frontière entre le photographe-auteur, et le modèle-motif.
Gia arrive à ce moment précis.
Son talent sa beauté sa créativité feront sa fortune dans une époque qui renouait avec la spontanéité, le corps et les sensations, après la glaciation théorisante des années 70.
Cet avènement a peut-être pris fin avec l’arrivée de l’image numérique et ses infinies possibilités de retouches qui déréalisent à nouveau le modèle.
En attendant mademoiselle Carangi merci pour ce vent de fraîcheur, ces poses so sexy et drôles, sans oublier la profondeur parfois tragique de votre regard.

Michel Briat

https://lejournaldupeintre.wordpress.com
http://michelbriat.wix.com/painting-news-briat

Gia Carangi / 21

gia 21

Gia Carangi / 21
Gia Carangi : le photographe et son modèle

Gia Carangi , mourait du Sida le 18 novembre 1986.
Gia était une mannequin très en vue à la fin des années 70 et du début des années 80.
On peut la considérer comme la première top modèle de l’ère du triomphe de la mode.
Le moment où l’artisanat de luxe devient une industrie multinationale.
Elle présage à la fois le règne des mannequins vedettes, la célébrité instantanée, et son corollaire l’oubli tout aussi rapide, mais également, le Sida, la cocaïne, l’homosexualité, l’argent.
Au delà de sa faculté à incarner l’époque, les années 80, comme ont pu le faire dans d’autres domaines Jean Michel Basquiat ou Bret Easton Ellis, c’est le rapport entre photographe et modèle qui semble prendre un nouveau tour avec Gia.
Gia est née dans une famille de la classe moyenne américaine, dont les parents se séparent quand elle a 11 ans. A 17 ans elle commence à poser pour des photographes et devient très vite un modèle très demandé.
Pour expliquer ce succès fulgurant on a évoqué son physique de brune intense, qui contrastait avec la blonde évanescente des années hippies. (La blonde fera son retour mais peroxydée.)
Mais si les plus grands photographes comme Arthur Elgort, Richard Avedon, Chris von Wangenheim Francesco Scavullo, Helmut Newton ont travaillé avec Gia, c’est qu’elle leur proposait quelque chose de différent.
Il est souvent mentionné que Gia avait une faculté à inventer des poses, des gestes, à proposer des mises en scène, à créer des atmosphères à générer des champs d’énergie.
« A model has to create moods » déclare-t-elle.
Encore fallait-il que le photographe, acceptât les propositions créatives du modèle.
On passe avec Gia d’un univers où la photographie de mode est encore imprégnée de surréalisme (de Man Ray, à Guy Bourdin) à un monde où la femme n’est plus la muse ‘magique-circonstantielle’ des poètes mais une présence incarnée et pleine.
La femme, apparition, fantôme, énigme, s’évanouit et laisse la place à Vénus triomphante. On passe d’un corps morcelé au corps entier du modèle ; de Nadja à Gia. de ‘l’Amour fou’, au Sida, d’un ‘érotisme voilé’, à la chaire exposée.
Pour illustrer ce propos on pourrait comparer la photo de Gia nue derrière un grillage prise par Wangenheim à la photo de Guy Bourdin pour les chaussures Charles Jourdan datant de janvier 1980, représentant un buste de femme dans un miroir accroché à un mur recouvert d’un motif à losanges noir qui évoque un grillage.
Bourdin photographie une Nadja sans tête et aux pieds nus – on voit les chaussures dans un coin. La géométrie noire et épaisse est redoublée par le miroir. L’enfermement est complet et le buste devient à son tour élément du décor.
Dans la photo de Gia-Wangenheim, la clôture protège le spectateur au lieu d’isoler le modèle. Gia fixe le photographe d’un regard noir et déterminé. Déterminé à franchir la barrière, pense-t-on.
La présence féminine n’est pas ici de l’ordre de l’imaginaire, mais presque documentaire.
Le succès du cliché est dû au talent du photographe bien-sûr , mais est indissociablement lié à la personnalité de Gia Carangi.
Gia n’est pas une muse comme Gala ou Nush, c’est une co-auteur de la photographie.
Les top modèles accédent à la célébrité alors que s’atténue la frontière entre le photographe-auteur, et le modèle-motif.
Gia arrive à ce moment précis.
Son talent sa beauté sa créativité feront sa fortune dans une époque qui renouait avec la spontanéité, le corps et les sensations, après la glaciation théorisante des années 70.
Cet avènement a peut-être pris fin avec l’arrivée de l’image numérique et ses infinies possibilités de retouches qui déréalisent à nouveau le modèle.
En attendant mademoiselle Carangi merci pour ce vent de fraîcheur, ces poses so sexy et drôles, sans oublier la profondeur parfois tragique de votre regard.

Michel Briat
peintre / art-thérapeute
https://lejournaldupeintre.wordpress.com
img_9279-1
img_9280-3

https://lejournaldupeintre.wordpress.com/

https://lejournaldupeintre.wordpress.com
http://michelbriat.wix.com/painting-news-briat

Gia Carangi / 1

gia 1

Gia Carangi / 1

Gia Carangi : le photographe et son modèle

Gia Carangi , mourait du Sida le 18 novembre 1986.
Gia était une mannequin très en vue à la fin des années 70 et du début des années 80.
On peut la considérer comme la première top modèle de l’ère du triomphe de la mode.
Le moment où l’artisanat de luxe devient une industrie multinationale.
Elle présage à la fois le règne des mannequins vedettes, la célébrité instantanée, et son corollaire l’oubli tout aussi rapide, mais également, le Sida, la cocaïne, l’homosexualité, l’argent.
Au delà de sa faculté à incarner l’époque, les années 80, comme ont pu le faire dans d’autres domaines Jean Michel Basquiat ou Bret Easton Ellis, c’est le rapport entre photographe et modèle qui semble prendre un nouveau tour avec Gia.
Gia est née dans une famille de la classe moyenne américaine, dont les parents se séparent quand elle a 11 ans. A 17 ans elle commence à poser pour des photographes et devient très vite un modèle très demandé.
Pour expliquer ce succès fulgurant on a évoqué son physique de brune intense, qui contrastait avec la blonde évanescente des années hippies. (La blonde fera son retour mais peroxydée.)
Mais si les plus grands photographes comme Arthur Elgort, Richard Avedon, Chris von Wangenheim Francesco Scavullo, Helmut Newton ont travaillé avec Gia, c’est qu’elle leur proposait quelque chose de différent.
Il est souvent mentionné que Gia avait une faculté à inventer des poses, des gestes, à proposer des mises en scène, à créer des atmosphères à générer des champs d’énergie.
« A model has to create moods » déclare-t-elle.
Encore fallait-il que le photographe, acceptât les propositions créatives du modèle.
On passe avec Gia d’un univers où la photographie de mode est encore imprégnée de surréalisme (de Man Ray, à Guy Bourdin) à un monde où la femme n’est plus la muse ‘magique-circonstantielle’ des poètes mais une présence incarnée et pleine.
La femme, apparition, fantôme, énigme, s’évanouit et laisse la place à Vénus triomphante. On passe d’un corps morcelé au corps entier du modèle ; de Nadja à Gia. de ‘l’Amour fou’, au Sida, d’un ‘érotisme voilé’, à la chaire exposée.
Pour illustrer ce propos on pourrait comparer la photo de Gia nue derrière un grillage prise par Wangenheim à la photo de Guy Bourdin pour les chaussures Charles Jourdan datant de janvier 1980, représentant un buste de femme dans un miroir accroché à un mur recouvert d’un motif à losanges noir qui évoque un grillage.
Bourdin photographie une Nadja sans tête et aux pieds nus – on voit les chaussures dans un coin. La géométrie noire et épaisse est redoublée par le miroir. L’enfermement est complet et le buste devient à son tour élément du décor.
Dans la photo de Gia-Wangenheim, la clôture protège le spectateur au lieu d’isoler le modèle. Gia fixe le photographe d’un regard noir et déterminé. Déterminé à franchir la barrière, pense-t-on.
La présence féminine n’est pas ici de l’ordre de l’imaginaire, mais presque documentaire.
Le succès du cliché est dû au talent du photographe bien-sûr , mais est indissociablement lié à la personnalité de Gia Carangi.
Gia n’est pas une muse comme Gala ou Nush, c’est une co-auteur de la photographie.
Les top modèles accédent à la célébrité alors que s’atténue la frontière entre le photographe-auteur, et le modèle-motif.
Gia arrive à ce moment précis.
Son talent sa beauté sa créativité feront sa fortune dans une époque qui renouait avec la spontanéité, le corps et les sensations, après la glaciation théorisante des années 70.
Cet avènement a peut-être pris fin avec l’arrivée de l’image numérique et ses infinies possibilités de retouches qui déréalisent à nouveau le modèle.
En attendant mademoiselle Carangi merci pour ce vent de fraîcheur, ces poses so sexy et drôles, sans oublier la profondeur parfois tragique de votre regard.
Michel Briat
peintre / art-thérapeute
https://lejournaldupeintre.wordpress.com